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Thèse

Visualisation de la thèse: THE214

Thèse 2019

C.BARON

ISI

IC

Ingénierie système

« L’Intégration de l’Ingénierie Système avec le Management de Projet au service d’une meilleure transition de la R&T à la R&D

Cette proposition de thèse se positionne dans le contexte de Recherche et Technologie (R&T) et la transition vers la Recherche et Développement (R&D). La R&T concerne le développement d’une technologie, un procédé, une connaissance fondamentale. La R&D vise le déploiement, l’utilisation, d’une technologie, d’un procédé ou d’une connaissance fondamentale. 

La R&T se fait essentiellement dans les laboratoires de recherche publics ou privés), les universités, et les écoles d’ingénieurs. Ces recherches, menées en amont, sont soumises à une forte incertitude d’obtention de résultats. Travailler sur un « terrain inconnu » a un fort impact sur la gestion de ces activités. De surprises, positives et négatives, peuvent intervenir à tout instant. Les projets associés se caractérisent souvent par une large liberté et initiative dans les pistes à explorer, dans les moyens à suggérer pour avancer. 

A la « sortie » des laboratoires, ces technologies doivent se confronter à des questions de faisabilité industrielle. Ce passage entre un projet R&T et l’utilisation d’une technologie dans le cadre d’un projet R&D n’est pas toujours évident, peut être laborieux du fait que la réalité industrielle n’est pas la réalité en laboratoire, et soulève encore des questions importantes à résoudre avant qu’un déploiement puisse être envisagé. Ceci constitue ce qui est souvent appelé une « vallée de la mort », en raison de la viabilité incertaine de l’application de la technologie. Les projets de R&D se caractérisent toutefois par une structuration plus formalisée. A l’issue des phases R&T et R&D  une technologie validée peut conduire à des innovations et développements qui trouvent leurs places dans des produits. 

Cette thèse se positionne sur cette transition entre R&T et R&D. Les industries souhaiteraient avoir une meilleure gestion de ces développements R&T et R&D et une meilleure gestion de cette transition à travers la vallée de la mort, afin de mieux maitriser l’utilisation des technologies dans les produits de série. Pour cela, la question des facteurs de succès ou d’échecs d’une transition entre R&T et R&D doit être adressée. Le but est de valider les approches sur des bases de données issues de projets pour les analyses générales, et de vérifier les conclusions sur quelques projets bien spécifiques, en accord avec le partenaire industriel.

Elle n'a pas encore de financement mais des demandes ont été déposées.

------sujet détaillé---------

Cette proposition de thèse se positionne dans le contexte de Recherche et Technologie (R&T) et la transition vers la Recherche et Développement (R&D). La R&T concerne le développement d’une technologie, un procédé, une connaissance fondamentale. La R&D vise le déploiement, l’utilisation, d’une technologie, d’un procédé ou d’une connaissance fondamentale. 

La R&T se fait essentiellement dans les laboratoires de recherche publics ou privés), les universités, et les écoles d’ingénieurs. Ces recherches, menées en amont, sont soumises à une forte incertitude d’obtention de résultats. Travailler sur un « terrain » inconnu a un fort impact sur la gestion de ces activités. De surprises, positives et négatives, peuvent intervenir à tout instant. Les projets associés se caractérisent souvent par une large liberté et initiative dans les pistes à explorer, dans les moyens à suggérer pour avancer. 

A la « sortie » des laboratoires, ces technologies doivent se confronter à des questions de faisabilité industrielle. Ce passage entre un projet R&T et l’utilisation d’une technologie dans le cadre d’un projet R&D n’est pas toujours évident, peut être laborieux du fait que la réalité industrielle n’est pas la réalité en laboratoire, et soulève encore des questions importantes à résoudre avant qu’un déploiement puisse être envisagé. Ceci constitue ce qui est souvent appelé une « vallée de la mort », en raison de la viabilité incertaine de l’application de la technologie. Les projets de R&D se caractérisent toutefois par une structuration plus formalisée. A l’issue des phases R&T et R&D  une technologie validée peut conduire à des innovations et développements qui trouvent leurs places dans des produits. 

Cette thèse se positionne sur cette transition entre R&T et R&D. Les industries souhaiteraient avoir une meilleure gestion de ces développements R&T et R&D et une meilleure gestion de cette transition à travers la vallée de la mort, afin de mieux maitriser l’utilisation des technologies dans les produits de série. Pour cela, la question des facteurs de succès ou d’échecs d’une transition entre R&T et R&D doit être adressée. 

Le « Technology Readiness Level » (TRL) peut être utilisé comme point de départ pour

  • les départements responsables pour la recherche et l’innovation (ex. « Chief Technology Officer », CTO), pour permettre une meilleure cartographie des technologies à développer et développées, et fixer des priorités en conséquence,
  • les projets de transition à travers la vallée de la mort pour la planification des jalons, dont le point de départ et le point d’arrivée espéré,
  • la gestion de la R&D, pour cartographier son portefeuille de projets et évaluer les technologies à accélérer, ralentir, voire à stopper.

Il y a donc un fort enjeu de bien gérer la transition entre la R&T vers la R&D et puis vers le développement de produits de série. 

Environ 70% des projets échouent, des délais et un budget supplémentaires sont nécessaires pour arriver à des résultats acceptables [13]. Souvent, toutes les informations nécessaires étaient connues et disponibles au début des projets mais pas (bien) prises en compte, et de nombreux problèmes auraient pu être évités ou gérés par l’ingénierie système. Pour réduire les risques d'échec, il faut donc non seulement identifier très tôt et partager les informations essentielles au développement ultérieur du produit et du projet mais aussi maîtriser et piloter les développements techniques.

Ce constat permet de démarrer une réflexion reposant sur un questionnement multiple : Comment dimensionner un projet (définir a priori une durée, un budget, plus généralement des ressources) ? Comment savoir si ce qui a été demandé est raisonnable, ou surestimé, ou sous-estimé ? Comment savoir si les hypothèses sont les bonnes ? Comment savoir si le plan sur lequel la direction a accordé un budget et des ressources est en adéquation avec les objectifs et les hypothèses de ce projet ? 

Ces questions prennent toute leur importance, pas tellement pour vérifier si les estimations font sens, mais surtout quand plusieurs projets sont dépendants ; tel est le cas quand on regarde les projets R&T, dont les résultats doivent être utilisables par des projets R&D par la suite. 

L’enjeu est de donner une visibilité plus claire, avec une confiance plus grande, dans les activités en cours et à venir, pour aider les décideurs sur les actions à prendre concernant un portefeuille de projets de R&T (accélérer, ralentir, mettre sur étagère, stopper). Il est donc important d’avoir une indication objective sur la définition de ces projets, sur leurs budgets / ressources / délais nominaux, ainsi qu’une indication sur l’impact de leurs décisions. 

La thèse vise à contribuer à améliorer la transition entre R&T et R&D par une amélioration de la définition des projets, de la gestion de projet et notamment de l’intégration de l’ingénierie système et la gestion de projet. 

L’ingénierie des systèmes, qui considère toutes les disciplines invoquées dans un développement technique, y compris la gestion de projet, énonce des recommandations précises pour dérouler l’ensemble des processus suivant une approche bien structurée, dès le début d’un projet [3] [5]. Historiquement, la gestion de projet et l’ingénierie système sont restées deux disciplines séparées, chacune développée de son côté [14] [15]. Et pourtant, elles apportent deux vues complémentaires sur le même développement technique. Des études récentes ont montré que la frontière entre ingénierie des systèmes et gestion de projet n’est pas claire et a besoin d’être revue [2] [9]. Une intégration de l’ingénierie systèmes et de la gestion de projet ouvre une voie d’amélioration – c’est une évolution logique [1] [7] [12].

Les sujets de recherche pour cette thèse incluent donc, mais ne sont pas limités à :

  • Quels sont les variables qui interviennent dans la définition d’un projet qui sont dimensionnant pour le besoin en budget, ressources et délais ?
  • Est-ce qu’il y a une définition d’un projet par rapport aux objectifs, hypothèses et qualité recherchée, en fonction de certains indicateurs, qui permet d’obtenir et de vérifier l’optimalité d’un projet [8] ? 
  • Est-ce qu’on peut modéliser les projets en fonction de ces paramètres et indicateurs ? 
  • Est-ce qu’on peut obtenir un ordre de grandeur en budget/ressources/délai pour un projet donné ? Et si oui, sur quels paramètres peut-on jouer pour affiner cette estimation ? 
  • Est-ce qu’on peut analyser les scénarii d’une accélération ou un ralentissement d’un projet de façon objective ? De même pour la suspension d’un projet ?
  • Quelles sont les informations nécessaires pour bien gérer un projet de R&T ? Lesquelles sont souvent connues au début de ces projets (partiellement, mais se précisant au fil de l’eau) ? 
  • Quels méthodes et outils pourraient aider à avoir une meilleure maîtrise du projet de R&T ? Comment mieux identifier les informations nécessaires dans une phase précoce ? Comment mieux les prendre en compte et mieux structurer la gestion ?
  • Question connexe, est-ce qu’on peut optimiser un projet de façon objective ? 

L’application des résultats de cette thèse vont pouvoir aider les chefs de projet à vérifier leur organisation de projet et les directions à avoir une meilleure visibilité et donc plus de confiance dans les projets en cours. 

Notre proposition a pour but de contribuer à cette meilleure confiance et ainsi d’augmenter le taux de succès de transition entre des projets R&T vers les projets R&D à travers la vallée de la mort.

Le but est d’utiliser l’expérience accumulée des projets pour alimenter la recherche dans le cadre de cette thèse. On s’oriente vers une recherche inductive basée sur l’observation de faits et expériences. Les exemples sont encore à définir parmi les grands projets de R&T et leur choix sera clé dans cette thèse. Ceci permettra de pouvoir valider un certain nombre d’hypothèses et les proposer dans les théories et les approches à développer dans le cadre de cette thèse. 

Pour obtenir des informations complémentaires, contactez le responsable à cette adresse: